
TRIA HASI............
C'est un de ces personnages qui ont fait partie de notre enfance et qui appartiennent à la petite histoire de notre belle cité de Mutsamudu.
Il était élancé, vêtu d'une robe blanche et d'un gilet de couleur sombre et coiffé d'un fez (kofia ya istambul) ou un turban (nkemba).
Son nom était Mwenye AbdulKadwim mais même les enfants ne l'appelaient que par son surnom, Tria Hasi.
Il arrivait du quartier de Mjihari, de sa démarche particulière si chaloupée et d'un pas toujours pressé, pour se diriger vers la mosquée de Gerezani, où il était le muezzin attitré qui attirait jeunes et moins jeunes aux prières de la journée.
Mais à chaque croisement de ruelle, il tournait sur lui-même, virevoltait. « Tria hasi », disaient les passants à qui il répondait de la même façon, sans se démonter pour le moins du monde.
Et il tournait, tournait, une prière à la bouche, pour conjurer le mal et bénir sa chère ville, comme s'il entortillait quelque chose, puis « Toa hasi », il tournait dans l'autre sens.
« Tria hasi, toa hasi », ainsi progressait-il dans les ruelles, mais la question angoissante c'était de savoir s'il allait pouvoir arriver à temps pour l'heure de la prière de Gerezani.
Arrivera, arrivera pas.....
A son arrivée, il était alors salué de toute part : « ha upesi,ha upesi », disait-il aussi, car il n'y avait plus une seconde à perdre, pour appeler à la prière.
C'était un homme d'une grande gentillesse et d'une grande piété qui savait plaisanter aussi bien avec les grands qu'avec les petits : issu d'une grande famille de Mutsamudu (grand-père de ustadhi Ibrahim, Sitty Marie.... et apparenté à tant d'autres....), il fait partie des personnages hauts en couleur de notre chère ville.
Tria hasi, un des personnages originaux de notre belle cité,quand elle était encore comme un bateau, un cocon qui abritait ses enfants, à l'intérieur de ses murs d'enceinte,
Mutsamudu ne serait pas Mutsamudu sans tous ses personnages.
Que Dieu leur réserve une place de choix au paradis !
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