La liberté ou les fers ?
O combien de chefs et de présidents
Ont jadis incarné le sacrifice du sang,
Du monstre arraché la liberté et l'avenir
Pour finir par confisquer la liberté et l'avenir ?
Combien de dignes enfants parvenus au faîte,
En ont oublié jusqu'aux raisons de leur révolte ?
La recherche de la grandeur est humaine
Comme la déchéance aussi soudaine,
Quand l'histoire décide de solder les comptes,
Et que ni gloire ni pouvoir ne subsistent,
Car plus haute est l'ascension de l’infamie,
Plus basse est la chute de l'ignominie.
A vouloir se prendre pour le créateur
On finit par devenir l'exterminateur.
Et les noms résonnent comme des bombes
Dans la mémoire des déceptions outre-tombe.
Amin Dada, Mugabe, Mobutu, Kabila, Bongo...
De l'Uganda à la Namibie, de l'Angola au Congo,
Une litanie de farces et de tragédies macabres
Qui ont condamné la richesse à la misère,
Et les espoirs des peuples au grand désespoir,
Car leurs oreilles et leurs cœurs sont morts
Et n'entendent plus les pleurs des chaumières,
Car en violant la liberté, ils violent la parole
Et pour eux ne restent que les oiseaux et ruisseaux
Pour chanter les louanges du plus grand et plus beau.
La bouche qui crache sur les promesses,
Est une main capable des pires supplices.
Et pourtant Mandela n'a pas cédé à la tentation,
D'un pouvoir sans partage et sans convictions,
Lui qui a choisi de servir sans se servir de l'espoir
Et qui a vaincu comme il a vécu dans la gloire
Puis est parti pour habiter des hommes la mémoire.
Car il savait que de la terre, le bien suprême,
N'est ni gloire ni pouvoir mais grandeur d'âme
Et il n'est de sagesse que celle commune à tous,
Comme la pensée unique conduit au précipice.
Car si un homme impose son existence aux autres,
Il ne peut certes imposer sa mort à leur mémoire.
Jours de peine …...
La pluie pleure sur ma ville,
Elle trotte, court, galope
Et les larmes ruissellent sur les tresses
Des cases et tôles transis.
La pluie pleure dans les ruelles,
A grosses gouttes de sanglots,
Sur des torrents de déchets et de désespoir,
Et s'abîme dans l'océan hagard.
La pluie se fracasse dans le tintamarre
Des tam-tams du ciel qui se déchire,
Et le tourment de notre âme qui soupire,
La pluie pleure dans nos cœurs.
Pourquoi les hommes ne crient-ils pas,
Alors qu'ils sont si mal dans leur être ?
Pourquoi les hommes ne crient-ils pas,
Alors que la pluie saigne tant leur espoir ?
Kamaroudine
Mutsamudu, 4 mars 2018
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